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Comment bien mettre son cerveau au repos  pendant les vacances ?

Avoir un cerveau reposé pendant les vacances

Avoir le cerveau reposé en vacances !

 

Trop de réunions de travail, de dossiers qui s’empilent,,un agenda plein à craquer, la fatigue des transports en commun,

Il est temps de faire quelque chose pour se reposer la tête.

L’année est finie, alors c’est le moment de faire le vide !

Que ce soit deux semaines à la plage ou un séjour à la montagne, on va pouvoir  se reposer les neurones.
Mais avez-vous réfléchi à la façon dont cela va se passer ?

Que va faire votre cerveau lorsque vous ne serez plus en prise directe avec ces impératifs de temps ?

Le cerveau en vacances

En réalité, lorsque nous quittons le quotidien très planifié de notre travail et de nos relations sociales habituelles :

notre cerveau est déboussolé.

Alors, autant savoir précisément ce qui se passe à l’intérieur.

Par chance, les découvertes issues des laboratoires nous y aident.
Le premier constat que chacun peut faire est celui d’un relâchement parfois brutal.

D’un seul coup, plus de rendez-vous, d’appels téléphoniques urgents,  ni de réunion à planifier.

Simplement l’envie du moment qui s’impose, à laquelle on cède ou non.

Préparer l’apéro, regonfler le bateau des enfants, pourquoi pas repeindre les volets.

Et dans ce genre de situation, au sein de notre cerveau, deux grands ensembles de régions neuronales vont faire relâche.

il y a le cortex préfrontal,  et un réseau dit de détection d’erreurs comportant des zones comme l’amygdale, l’insula et le gyrus cingulaire antérieur.

Certaines parties de votre cortex préfrontal se mettent à l’écoute d’autres régions situées dans le lobe temporal.

votre cortex préfrontal guide alors une forme de recherche attentionnelle vers tout ce qui peut aider à réaliser UNE tâche.

Ce type de travail mental peut être observé grâce aux outils de l’imagerie cérébrale.

Du relâchement ! 

Quelles sont les autres parties de notre cerveau qui vont se mettre au ralenti ?

Toutes celles qui sont tournées vers la définition et le suivi d’objectifs en temps limité.

nos vies actives sont caractérisées par une succession de « buts à atteindre », de « missions à remplir », de « choses à faire » et surtout à « ne pas oublier de faire ».

Pour atteindre ces buts, nous devons bien sûr les garder en mémoire, mais également évaluer sans cesse si nos actions nous en rapprochent.

Et il peut s’agir aussi bien d’un projet au long cours que de rédiger un mail professionnel.

Jour après jour, nous sollicitons ainsi un système de neurones, dans notre cerveau, qui n’a de cesse de se demander si nous faisons ce qu’il faut pour atteindre ces buts.

Ce réseau est représenté sur les deux pages ci-après : on le considère parfois comme un « système de détection d’erreurs » :

Il comporte des structures comme l’amygdale, l’insula et le gyrus cingulaire antérieur.

Ensemble, ces trois régions semblent jouer un rôle de sentinelle pour « corriger le tir » en cas d’erreur ou de déviation de l’objectif fixé.

Le système de détection d’erreurs est en charge de comparer nos actions en cours avec les différents buts à atteindre pour réaliser les ajustements nécessaires.

Un cerveau éveillé

Les vacances permettent, là aussi, de reposer ces systèmes de détection d’erreurs.

En reprenant l’habitude de faire les choses les unes après les autres,  nous évitons de surcharger notre mémoire de travail et mettons au repos nos dispositifs d’alerte.

Nous pouvons continuer de nous fixer des objectifs, mais sans redouter le faux pas qui aura des conséquences désagréables et immédiates.

Enfin, nous pouvons accorder nos objectifs à nos envies et les déconnecter de l’urgence.

Mais que se passe-t-il lorsque l’on se retrouve sur la plage, face à l’océan, sans but précis ?

Ne peut-on pas se trouver d’un seul coup désœuvré, voire nerveux ?

Depuis les débuts de la neuro-imagerie fonctionnelle, il y a plus de 20 ans, nous savons que cette comparaison révèle un ensemble de régions cérébrales plus actives pendant le repos que pendant la tâche cognitive.

Ce réseau, initialement appelé « réseau du repos », puis « réseau par défaut » (à défaut d’activité cognitive précise), est la preuve que le cerveau n’est jamais vraiment au repos.

De quoi est constitué ce cerveau au repos ?

Ne pourrait-on s’attendre, au contraire, à ce que notre cerveau soit moins actif lorsque nous ne faisons rien que lorsque nous travaillons ?
À vrai dire, ce n’est pas si surprenant.

La plupart des tâches cognitives proposées en laboratoire suivent des consignes très simples, fixant à l’avance la manière de réagir à des stimuli bien précis

Pendant le temps de l’exercice, le participant évolue dans un monde simplifié où tout est délicatement contrôlé.

Une fois la tâche terminée, la complexité du monde réel reprend le dessus, avec son lot de questions

Il n’est donc pas étonnant que de nombreuses régions du cerveau reprennent le cours naturel de leurs activités dès l’exercice terminé.

D’autres parties du réseau par défaut, situées dans les lobes temporaux médian et latéral, interviennent dans ce qu’on appelle la cognition sociale.

Cela ne serait pas un problème en soi si l’activité du réseau par défaut se traduisait par un sentiment de détente et d’apaisement.

Cette perte de contact avec la réalité peut tourner à la rumination, qui est l’une des caractéristiques de la dépression…

En relâchant l’emprise sur notre emploi du temps et sur notre activité mentale, les vacances laissent donc plus de temps à ces moments de vide sans objectif précis.

Cela peut être agréable, mais attention à ne pas tomber dans le piège de la rumination.

Certes, on repose alors les parties de son cerveau fatiguées par des mois de tâches demandant une forte concentration ;

mais le cerveau « par défaut » pointe alors le bout de son nez, et l’expérience prouve qu’il vaut mieux ne pas lui laisser trop le champ libre.

La solution ?

Il existe peut-être une fine marge entre ces deux extrêmes :

n’avoir qu’une chose à faire et une seule, dans un délai raisonnable et sans focalisation excessive sur notre performance.

Ce type d’activité mentale « intermédiaire » est proposé par les sudoku, mots croisés, simples balades et autres loisirs créatifs.

Pour lâcher prise au Mans, profitez d’ un massage bien être ou  d’ une séance de réflexologie plantaire !

Bouquiner tranquillement, dessiner, flâner, mais sans réel souci de performance ni contrainte de temps, de sorte que les interruptions ne posent pas de problème…

Bien sûr, l’esprit s’évade parfois dans des pensées, mais il est régulièrement ramené à sa tâche principale.

Les vacances sont alors l’occasion de ne se donner à faire qu’une chose à la fois, sans obligation de résultat et c’est peut-être là leur secret.

Un cerveau au repos n’est pas tant un cerveau inactif , qu’un cerveau totalement impliqué dans son activité du moment, sans autre perspective.

Après avoir pratiqué cet état d’esprit pendant les vacances, libre à vous de vous organiser pour le retrouver ensuite, autant que possible, de retour au travail.

Bonne fin de vacances à tous !

A très vite !

Sources : J.-Ph. Lachaux, Le Cerveau Funambule : comprendre et apprivoiser son attention grâce aux neurosciences. Odile Jacob (à paraitre, septembre 2015).
J.-Ph. Lachaux, Le Cerveau attentif : contrôle, maîtrise et lâcher-prise. Odile Jacob. 2012

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